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mercredi 29 juin 2011

Otages : huit Français restent retenus dans le monde


Otages : huit Français restent retenus dans le monde

Publié le 29.06.2011, 16h22 | Mise à jour : 18h46
Niger, le 30 septembre 2010. Quatre Français, Pierre Legrand, Daniel Larribe, Thierry Dol et Marc Furrer sont retenus en otages au Sahel par Aqmi (Al Qaïda au Maghreb islamique) depuis le 16 septembre 2010. Ils sont apparus dans une vidéo diffusée par Aqmi fin avril.
 
Niger, le 30 septembre 2010. Quatre Français, Pierre Legrand, Daniel Larribe, Thierry Dol et Marc Furrer sont retenus en otages au Sahel par Aqmi (Al Qaïda au Maghreb islamique) depuis le 16 septembre 2010. Ils sont apparus dans une vidéo diffusée par Aqmi fin avril.   (afp/al-andalus.)Zoom
Après la libération, ce mercredi, d'Hervé Ghesquière et Stéphane Taponier, enlevés le 30 décembre 2009 en Afghanistan, huit Français restent retenus en otages dans le monde par des ravisseurs ayant revendiqué ces enlèvements.Ce chiffre s'élève à neuf, selon le ministère des Affaires étrangères, qui intègre à cette sinistre liste Gilad Shalit, le soldat isralien détenu depuis 2006 à Gaza et qui a aussi la nationalité française. 

Un agent de la DGSE kidnappé le 14 juillet 2009 en Somalie. Présenté sous le nom de Denis Allex (un pseudonyme), cet agent de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE, services de renseignement) est probalement détenu à Mogadiscio ou dans sa périphérie, sous contrôle des islamistes shebab. Il a été enlevé avec un autre agent, otage d'un mouvement allié des shebab, le Hezb al-Islam. Celui-ci a recouvré la liberté fin août 2009, affirmant avoir pu échapper à ses ravisseurs. Le Hezb al-Islam a fait état du versement d'une rançon, démentie par la France. Denis Allex est apparu en juin 2010 dans une vidéo mise en ligne sur des sites islamistes, où ses ravisseurs le font revendiquer la cessation de tout soutien politique ou militaire de la France au gouvernement somalien. Paris a reçu le 6 décembre «une preuve de vie» non détaillée de l'otage.

Quatre Français d'Areva aux mains d'Aqmi depuis le 16 septembre 2010.
 Thierry Dole, Marc Ferret, Daniel Larribe et Pierre Legrand seraient toujours détenus dans l'est du Mali par Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi). Le 16 septembre 2010, au Niger, cinq Français, un Togolais et un Malgache, collaborateurs des groupes Areva et Satom, sont enlevés à Arlit (nord), un site d'extraction d'uranium. Aqmi revendique le rapt le 21 septembre. La Française Françoise Larribe, malade, ainsi que les otages malgache et togolais, sont relâchés le 24 février 2011. Aqmi diffuse le 26 avril une vidéo où les quatre otages français «supplient»  de retirer les troupes françaises d'Afghanistan.

Trois humanitaires enlevés au Yémen depuis mai 2011. 
Deux femmes et un homme, employés de l'ONG française Triangle Génération Humanitaire, sont portés disparus depuis le 28 mai à Seyoun (600 km à l'est de Sanaa), chef-lieu administratif de l'immense province du Hadramout. L'hypothèse du rapt avait été évoquée dès les premiers jours de la disparition des trois humanitaires après que leur véhicule avait été retrouvé «non endommagé», selon le ministère français des Affaires étrangères. Sanaa a confirmé officiellement leur enlèvement le 28 juin, affirmant que les otages avaient été localisés et étaient «en vie», sans identifier leurs ravisseurs.

LeParisien.fr

Le Canard Enchainé dévoile la liste des journalistes français pro Ben Ali

  • Le Canard Enchainé dévoile la liste des journalistes français pro Ben Ali



    • Le Canard Enchaîné, paru mercredi 29 juin 2011, à dévoilé la liste des journalistes invités par Ben Ali durant les années de l’ancien régime. Selon Rue89, la boîte de conseil Image 7 d'Anne Méaux a organisé depuis la fin des années 90 un «discret réseau d'influence» en faveur de la dictature de Ben Ali. Ce réseau était lié contractuellement, selon la même source, par l'Agence tunisienne de communication extérieure (ATCE) et rémunérée plus de 200.000 euros par an.

      La liste des journalistes comprend Etienne Mougeotte (Le Figaro), Nicolas de Tavernost (M6), Dominique de Montvalon (Le Parisien), Alain Weil, patron de RMC-BFM TV (qui serait parti à Tunis avec son épouse), Michel Schifres et Marie-Ange Horlaville (journaliste du Figaro spécialiste du luxe), Gérard Gachet, ancien de « Valeurs actuelles » et Françoise Laborde, alors présentatrice du JT de France 2.

      Les documents divulgués par Le Canard Enchaîné précisent également que Marie-Luce Skraburski, qui s’occupait du dossier tunisien, aurait envoyé une note au patron de l’ATCE, se félicitant d’avoir « œuvré en vue de corriger la perception injuste de la réalité politique tunisienne » tout en précisant qu’elle regrette que tous les journalistes ne jouent pas encore le jeu.
      Z.D

    Libération des journalistes de FR3


    Libération des journalistes de FR3 : souvenons-nous des propos indécents de Sarkozy

    France 3 otages

    Les deux journalistes de France 3, Stéphane Taponier et Hervé Ghesquière, otages depuis 18 mois en Afghanistan, ont été libérés mercredi et devraient regagner la France jeudi matin, nous apprennent les agences. On y apprend aussi que "Le chef de l'État s'associe à la joie des familles. "Nicolas Sarkozy a téléphoné aux familles et notamment à Béatrice, la compagne d'Hervé qui nous a annoncé la bonne nouvelle", a déclaré à l'AFP Jean-François Julliard, secrétaire-général de Reporters sans Frontières. Il ne manque pas de souffle, celui qui fait Président.
    REMEMBER
    Souvenons-nous. Les deux journalistes et leurs trois accompagnateurs sont enlevés le 30 décembre 2009. Si l’on en croit le « Journal du dimanche » du 6 janvier 2011, (« Otages France : l’ire de Sarkozy ») citant Europe 1, Nicolas Sarkozy « aurait fait part de sa colère au sujet du comportement "inconscient" des deux journalistes de France 3 »
    « Selon le récit fait par la station, la scène s'est déroulée en fin du premier Conseil des ministres de l'année, tenu mardi matin à l'Elysée. Alors qu'Hervé Morin, ministre de la Défense, achevait un topo sur la situation des deux reporters […] le chef de l'Etat a surpris l'assistance en lui faisant part de sa franche colère. "Ils ont agi en contradiction avec les consignes de sécurité, aurait tonné le chef de l'Etat ». « "C’est insupportable de voir que l’on fait courir des risques à des militaires pour aller les chercher dans une zone dangereuse, où ils avaient l’interdiction de se rendre", aurait-il ajouté, avant de se tourner vers Hervé Morin pour lui ordonner: "Il faut que les Français sachent le coût de cette histoire". »
    Comme le soulignait un porte parole des journalistes de FR3, à propos de la communication du coût des recherches. "Cela ne s'est jamais vu, que ce soit pour d'autres journalistes ou pour tout autre Français enlevé par le passé". Cependant, sur FR2, ce soir, on pouvait voir une vidéo ancienne d’un galonné n’hésitant pas à parler d’un coût de dix millions d’euros, bien avant cette libération.
    Les deux reporters aguerris, habitués à couvrir des conflits, faisaient un reportage pour le magazine Pièces à conviction.
    On ose donc espérer que Sarkozy n’aura pas l’indécence de parader à l’arrivée de ces deux malheureux qu’il a méchamment vilipendés.
    ParisMaria Sharapova-Sabine LisickiMaria Sharapova à 1.31
    Parier

    Comment le peuple juif fut inventé par Schlomo Sand, historien Israélien

    22/06/2011 - Daniel Louis , animateur, Centre de loisir
    Je vous rappelle que le sujet était la condition des Palestiniens depuis 1948 et le rôle de l'Etat
    sioniste qui ne cesse de développer ses colonies sur les territoires occupés. Les Palestiniens
    vivent dans des camps de concentration avec ce mur de la honte. Beaucoup de juifs comme
    l'historien Schlomo Sand dénonce la politique ségrégationniste et sioniste de l'Etat d’Israël.
    Lisez le, il donne une tout autre lecture de l'histoire du peuple juif et s’appuie sur des faits
     historiques : Comment le peuple juif fut inventé :
    http://www.youtube.com/watch?v=w2l1BUGPClI

    Dr Norman D. Finkelstein est un enseignant juif qui a été viré de son poste d'enseignant parce
    qu'il a osé s'attaquer aux dérives de l’État sioniste. Les lobbying entretiennent l'omerta et la
    pensée unique. Les parents du Dr Norman ont été détenus dans les camps de concentration :
    le Sionisme et la carte de l'holocauste : http://www.youtube.com/watch?v=U3Y3AO5AdBk

    mardi 28 juin 2011

    La ministre de l'Economie a été officiellement nommée à la direction générale du Fonds. Voici les quatre challenges qu'elle devra relever pour s'imposer.


    Les défis qui attendent Christine Lagarde au FMI

     Par Laura Raim publié le 28/06/2011 à 20:11

    Eviter le conflit d'intérêt
    Les Européens ont eu ce qu'ils voulaient : garder la direction du FMI à un moment où la zone euro s'enfonce dans la crise de la dette. Mais paradoxalement, Christine Lagarde devra se montrer d'autant plus ferme avec les pays européens en difficulté que de nombreux observateurs s'inquiètent de voir une directrice française se montrer trop indulgente avec sa région mère. De fait, le FMI a accordé 91,7 milliards de dollars prêts à l'Europe, soit un tiers des plans de sauvetage de la zone euro. Christine Lagarde en est consciente et a maintes fois souligné qu'elle saurait être dure. Et elle l'a répété jeudi lors de son "grand oral " jeudi devant le conseil d'administration : "Je ne suis ici pour représenter les intérêts d'aucune région du monde en particulier, mais bien l'ensemble des Etats membres". Et d'assurer : "Je ne me départirai pas de la franchise et de la vigueur nécessaires dans mes discussions avec les responsables européens, bien au contraire, a-t-elle déclaré. Il ne peut y avoir place pour la complaisance quand des choix douloureux doivent être faits, et il n'y a pas d'alternative à l'adoption, par les autorités grecques, d'ajustements difficiles mais indispensables pour restaurer la viabilité des finances publiques et la compétitivité du pays". Concrètement, à peine arrivée, Lagarde devra prendre une décision délicate sur le sort de la Grèce : faudra-t-il ou pasrestructurer sa dette ? Mais il n'y a pas qu'avec la Grèce qu'elle sera amenée à se montrer tenace. Elle pourrait bien avoir à croiser le fer avec ceux qui vont lui succéder à Bercy, si ces derniers ne mènent pas les réformes jugées cruciales pour préserver le triple A de la dette française.
    Convaincre les émergents
    "Si je suis élue, je me consacrerai à continuellement adapter la représentation au sein du Fonds, en particulier les quotes-parts, à des réalités économiques changeantes", a-t-elle déclaré. Cela risque de sembler un peu hypocrite, puisque pour vraiment "adapter" le fonds aux nouveaux rapports de forces économiques, il aurait déjà fallu que Christine Lagarde laisse la direction du fonds à un émergent, comme son prédécesseur l'avait promis. N'empêche qu'il reste des progrès à faire en dehors de la question de la direction. Un rapport interne du FMI publié en mai conclut que la part des postes " senior " occupées par des employé d'Afrique, d'Asie de l'Est, du Moyen Orient et des " pays en transition " d'Europe de l'Est était encore beaucoup trop faible. Lagarde a fort intérêt à y remédier. Car à force d'être exclus des hauts postes des organisations internationales, de nombreux pays pourraient finir par se détourner complètement des institutions de Bretton Woods et créer leurs propres réseaux de coopération. De fait, l'Egypte a annoncé samedi qu'elle abandonnait ses demandes de prêts au FMI et à la Banque Mondiale. Elle se tourne en effet vers deux pays du Golfe : le Qatar avec des investissements de 10 milliards de dollars et l'Arabie Saoudite, avec près de quatre milliards de dollars d'aide sous forme de prêts à long terme et de dons.
    Préserver la pertinence du Fonds
    La sortie de DSK était certes peu glorieuse, mais le bilan de ses trois ans et demi à la tête du fonds est globalement positif. Saisissant l'occasion de la crise pour redonner un sens à une institution de plus en plus désuète, il en a faite un acteur incontournable du système financier mondial. Concrètement, cette réhabilitation de l'institution s'est traduit par le triplement de ses ressources : 500 milliards de dollars supplémentaires se sont ainsi ajoutés aux 250 milliards de dollars de ressources existantes. Christine Lagarde devra donc réussir à tirer les leçons de la crise pour que le FMI continue de jouer un vrai rôle. C'est pourquoi elle a évoqué devant le conseil d'administration la nécessité d'"une surveillance plus rigoureuse, efficace et cohérente [permettent] une meilleure prévention des crises et des conseils de politique sur mesure. Au-delà de sa mission primordiale d'assurer la stabilité des taux de change, le Fonds doit améliorer l'intégration de l'expertise sur le secteur financier dans sa surveillance".
    Devenir économiste et visionnaire...
    Mais Christine Lagarde arrivera-t-elle vraiment à imposer sa patte dans la doctrine du FMI ? Elle est ni économiste, ni banquière, mais avocate. Il faudra donc qu'elle prouve que son manque de diplôme d'économie n'est pas une faiblesse, voire même que c'est une force, en rappelant par exemple que le doctorat d'économie de l'Espagnol Rodrigo de Rato, directeur du fonds entre 2004 et 2007, ne lui a pas permis de prévoir la crise. 
    Sauf que l'expertise économique de DSK s'est indéniablement avérée précieuse pendant la crise. Il s'est adapté rapidement en prônant, dès 2008, la mise en place de plans de relance keynésiens. Son attitude audacieuse et en décalage avec l'orthodoxie libérale du Fonds a permis d'éviter de commettre les erreurs qui ont mené à la Grande Dépression de 1929.
    Christine Lagarde a certes été ministre de l'Economie pendant quatre ans, un record, et elle s'est révélée être une négociatrice charismatique en situation de crise, mais elle n'a jamais formulé de visions fortes et personnelles. De fait, aucune loi ne porte son nom, la législation économique étant surtout définie par l'Elysée. Ce qui fait dire à ses détracteurs qu'elle n'a pas l'étoffe d'une patronne. Reste donc à voir si elle sera très influencée par le numéro 2. L'Américain David Lipton, le conseiller du président Obama pour le commerce extérieur, est pressenti pour le poste. Or cet ancien employé du FMI est connu pour ses positions dures et intransigeantes.

    dimanche 26 juin 2011

    La mise en concurrence de l'APEC est lamentable!

    Nous sommes, une fois de plus mis, devant le fait accompli, le fait du Prince.

    Quels ont été les arguments de nos Politiques à la grande table de l'Europe qui nous déshabille jour après jour sous des prétextes futiles de libre concurrence. 

    Es-ce pour des raisons de libre concurrence que nos autoroutes, payées de nos deniers, ont été vendues à de grands groupe Mondiaux,qui en ont aussitôt profité pour augmenter les péages et mal entretenir ces autoroutes qui ont été volées au Peuple de France? seul leurs profits comptent!

    Il en a été de même pour AREVA, EDF-GDF, la SNCF, qui n'a même plus les moyens d'investir, Air France, nos grandes banques, les compagnies d'assurances,  les compagnies des eaux, de téléphone etc...
    je vous laisse le soin de compléter ma liste.

    On nous dépouille de tout ce qui faisait notre richesse au nom de la libre-concurrence, mais tout coûte de plus en plus chère depuis l'€ et nous sommes de plus en plus pauvres!

    En ce qui concerne l'Apec, c'est honteux, car son budget de fonctionnement est payé à 80% au moins par les cotisations des cadres depuis 1966. 

    Cette mise en concurrence est lamentable. Les cotisations APEC sont prélevées sur les fiches de paie des Cadres comme les autres charges!Il y a même des antennes Pôle Emploi qui n'ont rien à proposer aux Cadres à la place de l'Apec! faute d'informations des pouvoirs publics !

    Pourquoi alors ne pas privatiser, au nom de la libre concurrence, Pôle-Emploi, les caisses de retraites            ( salariés et cadres), de la Sécurité Sociale, bref, de toutes les lignes de déductions qui sont opérés sur nos bulletins de paie.....et les mutuelles.....??????

    On nous prend vraiment pour des imbéciles...............
    Alors, que l'on nous rembourse nos cotisations Apec!

    Manifeste d’économistes atterrés, 01/09/2010 CRISE ET DETTE EN EUROPE : 10 FAUSSES EVIDENCES, 22 MESURES EN DEBAT

    Premiers signataires :
    Philippe Askenazy (CNRS, Ecole d’économie de Paris), Thomas Coutrot (Conseil scientifique d’Attac), André Orléan (CNRS, EHESS), Henri Sterdyniak (OFCE)


    Manifeste d’économistes atterrés, 01/09/2010


    CRISE ET DETTE EN EUROPE :
    10 FAUSSES EVIDENCES, 22 MESURES EN DEBAT
    POUR SORTIR DE L’IMPASSE


    Introduction

                La reprise économique mondiale, permise par une injection colossale de dépenses publiques dans le circuit économique (des États-Unis à la Chine), est fragile mais réelle. Un seul continent reste en retrait, l’Europe. Retrouver le chemin de la croissance n’est plus sa priorité politique. Elle s’est engagée dans une autre voie : celle de la lutte contre les déficits publics.

                Dans l’Union Européenne, ces déficits sont certes élevés –  7% en moyenne en 2010 – mais bien moins que les 11% affichés par les États-Unis . Alors que des États nord-américains au poids économique plus important que la Grèce, la Californie par exemple, sont en quasi-faillite, les marchés financiers ont décidé de spéculer sur les dettes souveraines de pays européens, tout particulièrement ceux du Sud. L’Europe est de fait prise dans son propre piège institutionnel : les États doivent emprunter auprès d’institutions financières privées qui obtiennent, elles, des liquidités à bas prix de la Banque Centrale Européenne. Les marchés ont donc la clé du financement des États. Dans ce cadre, l’absence de solidarité européenne suscite la spéculation, d’autant que les agences de notation jouent à accentuer la défiance.

                Il a fallu la dégradation, le 15 juin, de la note de la Grèce par l’agence Moody’s, pour que les dirigeants européens retrouvent le terme d’ « irrationalité » qu’ils avaient tant employé au début de la crise des subprimes. De même, on découvre maintenant que l’Espagne est bien plus menacée par la fragilité de son modèle de croissance et de son système bancaire que par son endettement public.

                Pour « rassurer les marchés », un Fonds de stabilisation de l’euro a été improvisé, et des plans drastiques et bien souvent aveugles de réduction des dépenses publiques ont été lancés  à travers l’Europe. Les fonctionnaires sont les premiers touchés, y compris en France, où la hausse des cotisations retraites sera une baisse déguisée de leur salaire. Le nombre de fonctionnaires diminue partout, menaçant les services publics. Les prestations sociales, des Pays-Bas au Portugal en passant par la France avec l’actuelle réforme des retraites, sont en voie d'être gravement amputées. Le chômage et la précarité de l'emploi se développeront nécessairement dans les années à venir. Ces mesures sont irresponsables d’un point de vue politique et social, et même au strict plan économique.

                Cette politique, qui a très provisoirement calmé la spéculation, a déjà des conséquences sociales très négatives dans de nombreux pays européens, tout particulièrement sur la jeunesse, le monde du travail et les plus fragiles. A terme elle attisera les tensions en Europe et menacera de ce fait la construction européenne elle-même, qui est bien plus qu’un projet économique. L’économie y est censée être au service de la construction d’un continent démocratique, pacifié et uni. Au lieu de cela, une forme de dictature des marchés s'impose partout, et particulièrement aujourd’hui au Portugal, en Espagne et en Grèce, trois pays qui étaient encore des dictatures au début des années 1970, il y a à peine quarante ans.

                Qu’on l’interprète comme le désir de « rassurer les marchés » de la part de gouvernants effrayés, ou bien comme un prétexte pour imposer des choix dictés par l’idéologie, la soumission à cette dictature n'est pas acceptable, tant elle a fait la preuve de son inefficacité économique et de son potentiel destructif au plan politique et social. Un véritable débat démocratique sur les choix de politique économique doit donc être ouvert en France et en Europe. La plupart des économistes qui interviennent dans le débat public le font pour justifier ou rationaliser la soumission des politiques aux exigences des marchés financiers. Certes, les pouvoirs publics ont dû partout improviser des plans de relance keynésiens et même parfois nationaliser temporairement des banques. Mais ils veulent refermer au plus vite cette parenthèse. Le logiciel néolibéral est toujours le seul reconnu comme légitime, malgré ses échecs patents. Fondé sur l’hypothèse d’efficience des marchés financiers, il prône de réduire les dépenses publiques, de privatiser les services publics, de flexibiliser le marché du travail, de libéraliser le commerce, les services financiers et les marchés de capitaux, d’accroître la concurrence en tous temps et en tous lieux...

    En tant qu'économistes, nous sommes atterrés de voir que ces politiques sont toujours à l’ordre du jour et que leurs fondements théoriques ne sont pas remis en cause. Les arguments avancés depuis trente ans pour orienter les choix des politiques économiques européennes sont pourtant mis en défaut par les faits. La crise a mis à nu le caractère dogmatique et infondé de la plupart des prétendues évidences répétées à satiété par les décideurs et leurs conseillers. Qu'il s'agisse de l'efficience et de la rationalité des marchés financiers, de la nécessité de couper dans les dépenses pour réduire la dette publique, ou de renforcer le « pacte de stabilité », il faut interroger ces fausses évidences et montrer la pluralité des choix possibles en matière de politique économique. D'autres choix sont possibles et souhaitables, à condition d'abord de desserrer l'étau imposé par l'industrie financière aux politiques publiques.

    Nous faisons ci-dessous une présentation critique de dix postulats qui continuent à inspirer chaque jour les décisions des pouvoirs publics partout en Europe, malgré les cinglants démentis apportés par la crise financière et ses suites. Il s'agit de fausses évidences qui inspirent des mesures injustes et inefficaces, face auxquelles nous mettons en débat vingt-deux contre-propositions. Chacune d’entre elles ne fait pas nécessairement l’unanimité entre les signataires de ce texte, mais elles devront être prises au sérieux si l’on veut sortir l’Europe de l'impasse.

    OBSERVATOIRE DES INEGALITES

    Présentation


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    L’Observatoire des inégalités est un organisme indépendant d’information et d’analyse sur les inégalités. Il est situé à Tours et dispose d’une antenne en région parisienne. Outre l’équipe permanente, il s’appuie sur un réseau de citoyens sensibilisés par la question des inégalités. L’Observatoire des inégalités dispose par ailleurs d’un conseil scientifique composé d’économistes, de philosophes, de sociologues et de juristes. Voir l’équipe
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    L’Observatoire des inégalités cherche à établir un état des lieux des inégalités le plus complet possible et à publier les analyses les plus pertinentes du phénomène. Son action n’aurait de sens s’il ne s’adressait pas au public le plus large possible, en franchissant les barrières sociales, culturelles et politiques notamment.
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