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samedi 25 juin 2011

PEUPLE DE FRANCE ! Pendant quinze siècles tu as vécu esclave, et par conséquent malheureux.

PEUPLE DE FRANCE !
Pendant quinze siècles tu as vécu esclave, et par conséquent malheureux. Depuis six années tu
respires à peine, dans l'attente de l'indépendance, du bonheur et de l'égalité.
L'Égalité, premier voeu de la nature, premier besoin de l'homme, et principal noeud de toute
association légitime ! Peuple de France, tu n'as pas été plus favorisé que les autres nations qui
végètent sur ce globe infortuné ! […] Toujours et partout, on berça les hommes de belles
paroles : jamais et nulle part ils n'ont obtenu la chose avec le mot. De temps immémorial on
nous répète avec hypocrisie, les hommes sont égaux, et de temps immémorial la plus
avilissante comme la plus monstrueuse inégalité pèse insolemment sur le genre humain.
Depuis qu'il y a des sociétés civiles, le plus bel apanage de l'homme est sans contradiction
reconnu, mais n'a pu encore se réaliser une seule fois : l'égalité ne fut autre chose qu'une belle
et stérile fiction de la loi. Aujourd'hui qu'elle est réclamée d'une voix plus forte, on nous
répond : Taisez-vous misérables ! L’égalité de fait n'est qu'une chimère ; contentez-vous de
l'égalité conditionnelle ; vous êtes tous égaux devant la loi. Canaille, que te faut-il de plus ?
Ce qu'il nous faut de plus? Législateurs, gouvernants, riches propriétaires, écoutez à votre
tour.
Nous sommes tous égaux, n'est-ce pas ? Ce principe demeure incontesté, parce qu'à moins
d'être atteint de folie on ne saurait dire sérieusement qu'il fait nuit quand il fait jour.
Eh bien ! nous prétendons désormais vivre et mourir égaux comme nous sommes nés ; nous
voulons l'égalité réelle ou la mort ; voilà ce qu'il nous faut.
Et nous l'aurons cette égalité réelle, à n'importe quel prix. Malheur à qui ferait résistance à un
voeu aussi prononcé !
Nous ne voulons pas seulement l’égalité inscrite dans les droits de l’homme, nous demandons
la communauté des biens. Plus de propriété individuelle ; la terre n’est à personne, les fruits
sont à tout le monde […]. Nous ne pouvons plus souffrir que la majorité des hommes travaille
et sue au service et pour le bon plaisir d’une minorité. […] L'instant est venu de fonder la
République des Égaux, ce grand hospice ouvert à tous les hommes. Les jours de la restitution
générale sont arrivés. Familles gémissantes, venez vous asseoir à la table commune dressée
par la nature pour tous ses enfants. […]. La Nation a imposé à chacun l’obligation de
travailler : nul ne peut, sans crime, se soustraire au travail […]. Le but de la Révolution est de
détruire l’inégalité et assurer le bonheur commun dans une véritable société […]. La
Révolution n’est pas finie parce que les riches absorbent tous les biens et commandent
exclusivement, tandis que les pauvres travaillent et ne sont rien dans l’État.

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